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Sorties scolaires : elles ne se font pas à la légère !

Qu’il s’agisse de se rendre une heure à la piscine ou de partir une semaine en France ou à l’étranger, organiser une sortie scolaire nécessite de respecter un certain nombre de règles. Mais de l’avis de nombreux enseignants, le jeu en vaut la chandelle.

D'une manière générale...

Visiter un musée, participer à une compétition sportive, s’initier à la fabrication du pain, mais aussi découvrir la faune et la flore de montagne, passer plusieurs jours à la mer ou à la campagne, se rendre chez des correspondants à l’étranger… Les sorties scolaires peuvent revêtir des formes très variées. Certains vont même, le temps d’une semaine, jusqu’à délocaliser la classe à la mer ou à la montagne (on parle alors de classe transplantée). Quelle que soit la forme choisie, les enseignants à l’origine du projet ont le choix de la méthode. Soit ils se chargent de tout eux-mêmes, soit ils ont recours aux services de l’un des nombreux organismes privés ou associatifs qui proposent des formules clé-en-main incluant l’hébergement, la restauration, les activités et parfois l’encadrement et le transport. Dans tous les cas, indépendamment de la formule vers laquelle ils se dirigent, ils sont tenus de respecter un cadre très strict qui varie notamment en fonction de la durée de la sortie.
Dès lors qu’elle ne dépasse pas une demi-journée, une sortie est considérée comme obligatoire, qu’elle soit régulière et inscrite à l’emploi du temps (comme les sorties à la piscine, au stade, etc.), ou occasionnelle (une visite au musée, une balade en forêt…). A ce titre, tous les enfants sans exception sont tenus d’y participer et aucune participation financière ne peut être réclamée aux familles. Les parents doivent néanmoins être informés des modalités d’organisation du déplacement : destination, horaires, mode de transport, etc.

Dès que la sortie englobe la pause déjeuner ou dépasse les horaires de cours habituels, elle devient facultative. Les parents ont alors le droit de s’opposer à ce que leur enfant y prenne part. Une participation financière peut aussi leur être demandée. L’enseignant doit, avant le départ, adresser aux familles une note d’information complète dans laquelle figurent les détails de la sortie ainsi qu’un bon détachable, faisant office d’autorisation, que les parents doivent retourner signé.

Plus c’est long, plus les contraintes sont fortes

Si la sortie comprend une nuit à l’extérieur (on parle alors de « voyage scolaire »), l’enseignant ne peut se contenter d’une simple information écrite. Il doit obligatoirement organiser une réunion au cours de laquelle il expose le projet aux parents et leur décrit les conditions dans lesquelles le séjour s’effectuera. Il doit notamment leur préciser le ou les modes de transport empruntés, les activités prévues, le lieu d’hébergement choisi, les affaires à prévoir, les moyens de contact sur place, etc. Pour l’enseignant, cette réunion est aussi l’occasion de répondre aux questions des parents, de calmer leurs inquiétudes et de venir à bout des réticences de certains.

Les sorties avec nuitées génèrent aussi plus de formalités administratives. L’enseignant doit obligatoirement, avant le départ, avoir récupéré non seulement toutes les autorisations parentales, mais aussi, pour chaque enfant, une pièce d’identité et la fiche sanitaire dans laquelle figurent les informations importantes liées à sa santé. Il doit également, en cas de séjour à l’étranger, avoir en sa possession l’autorisation de sortie de territoire de chaque enfant (celle d’un seul parent suffit, excepté si un désaccord entre eux est avéré), ainsi qu’une attestation prouvant que l’enfant est couvert par une assurance responsabilité civile et par une assurance individuelle accidents corporels. Dans le cas où une activité nautique serait prévue au cours du séjour, il doit s’assurer que chaque enfant dispose d’un certificat d’aisance aquatique.

La question complexe de l’encadrement

Il revient aussi à l’organisateur de s’assurer que les normes édictées par le ministère de l’Education nationale en matière d’encadrement sont respectées. En primaire, par exemple, le maître ou la maîtresse doit forcément être accompagné d’un deuxième adulte, et ce quel que soit le type de sortie scolaire. Il peut s’agir d’un autre enseignant, d’un aide éducateur mais aussi d’un parent ou d’une ATSEM. Un troisième adulte peut parfois être requis. C’est le cas notamment pour les classes de maternelle de plus de 16 enfants ou les classes élémentaires de plus de 20 élèves passant au moins une nuit à l’extérieur.
Il doit également s’assurer, en cas de nuitée à l’extérieur, qu’au moins un adulte titulaire d’une attestation de secourisme soit disponible, y compris pendant le transport, et, si des activités nécessitant un encadrement spécifique sont au programme, que des moniteurs disposant des diplômes adéquats seront présents sur place. C’est le cas par exemple pour la pratique du ski, de l’escalade, du tir à l’arc, du VTT, du cyclisme sur route… Il en est de même pour le matériel et les protections indispensables à certains sports : des casques pour le vélo, le ski ou l’équitation, des protections complètes pour le roller, des brassières de sécurité pour les sports nautiques… Et ce n’est pas tout : il revient aussi à l’enseignant organisateur de s’assurer que le transport est sécurisé ou encore que le logement respecte les normes en vigueur.

L’argent, nerf de la guerre

Dernière chose et pas des moindres : le budget doit aussi être bouclé avant le départ. Or celui-ci peut être très élevé. Si les parents sont souvent amenés à financer une partie de la sortie, les enseignants n’hésitent pas à piocher dans la coopérative alimentée par les parents volontaires en début d’année pour financer une partie du projet. Ils peuvent aussi solliciter des subventions à la mairie ou au conseil départemental, démarcher des mécènes ou organiser avec les élèves des actions pour récolter des fonds (ventes de gâteaux, confection de paquets cadeaux, etc.). Certains vont même jusqu’à lancer des cagnottes en ligne pour trouver les fonds qui leur manquent.

Une fois le dossier bouclé, il reste à l’enseignant à obtenir la validation finale de sa hiérarchie. Dans le secondaire, c’est toujours le chef d’établissement qui s’en charge, mais dans le primaire, le directeur d’école ne donne son accord que pour les sorties à la journée. Dès que le projet comprend une nuitée à l’extérieur, le dossier passe obligatoirement entre les mains du directeur des services départementaux de l’Education nationale (DSDEN), qui est le seul à pouvoir donner son feu vert.

Il vérifie non seulement que les règles régissant la sortie sont respectées, mais aussi qu’elle revêt un vrai caractère pédagogique pour les élèves, comme l’impose le ministère de l’Education nationale. Dans la pratique, c’est généralement le cas, tant les sorties constituent de belles occasions pour les enfants non seulement d’apprendre mieux en travaillant différemment, mais d’ouvrir leur esprit et de renforcer leur cohésion.

POINT DE VUE

Nathalie, directrice d’une école en REP+ à Evreux

« Multiplier les sorties sans dépenser trop d’argent, c’est possible ! »

« Dans notre école, nous organisons régulièrement des sorties. Pour des questions de budget non extensible et parce que nous ne voulons pas mettre à contribution les parents, nous profitons au maximum des navettes que la mairie met à notre disposition et des visites gratuites proposées dans l’agglomération, que ce soit au musée d’Evreux pour éveiller nos élèves à l’art, ou à la cuisine centrale pour les sensibiliser au gaspillage. Nous gardons généralement notre budget pour les sorties de fin d’année. Nous avons par exemple emmené les petits à la mer (la moitié des élèves de CP-CE1 n’y étaient jamais allés) et quand nous avons emmené les plus grands au musée d’Orsay, nous avons pris le train, marché 16 kilomètres dans Paris et nous n’avons pas pris de guide pour la visite du musée. Nous avions identifié au préalable quelques œuvres que nous voulions leur montrer et préparé à leur attention un petit questionnaire destiné à rendre la visite ludique.

Organiser des sorties dans ces conditions demande un investissement de toute l’équipe, mais cela vaut la peine. Nous constatons à quel point ces sorties leur ouvrent des horizons. »

ZOOM

Des aides pour les plus modestes 

Si une participation financière peut être demandée aux familles en cas de sortie facultative, tout doit être fait pour que leur contribution soit la plus faible possible. Surtout, l’absence de paiement ne doit pas empêcher l’enfant de prendre part à la sortie. Pour les familles les plus modestes, des aides existent. Dans le primaire, la coopérative peut par exemple être mise à contribution. Les établissements du secondaire disposent, eux, d’un fonds social spécialement dédié à ce genre de situations. Certaines collectivités locales, notamment les communes et les départements, proposent aussi des aides financières.

50 collégiens sur les traces d’un résistant

Après avoir participé au concours national de la Résistance et de la déportation, 50 élèves de troisième du collège Robert Morel d’Arles sont partis sur les traces d’un résistant local dénommé Etienne Girard. Sur la base de ses témoignages, les élèves ont organisé un voyage de 5 jours passant par Orléans et par Paris, pendant lequel ils ont visité des musées et se sont rendus sur des lieux traversés par ce maquisard. Pour aller jusqu’au bout de ce projet, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône leur a octroyé une subvention, les enfants ont organisé une vente de chocolats et une cagnotte en ligne a été lancée.
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